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harmonium

Pseudo: Bob le bricoleurCatégorie: LoisirsDescription:
Retrouvé au milieu des eaux de fonts baptismaux, l'Harmonium Debain a bien failli y vivre ses dernières heures... Le premier instrument d'une longue série d'harmoniums et de reed-organs sauvés des eaux, de la poussière, ou de l'oubli ...
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Jeudi 31 Juillet 2008

L’harmonium, à ses origines, n’était pas destiné au culte. Instrument romantique par excellence, il a incarné tout ce qu’une époque pouvait traverser comme bouleversements, toutes les innovations auxquelles elle devait se confronter. Ainsi, avec l’harmonium, sont arrivées des sonorités tout en nuances, rejoignant l’intime des foyers et la relative nostalgie des formations de musique de chambre. Hélas, victime de son succès, l’harmonium a connu maintes copies - les procès de Debain en témoignent aujourd’hui - et aura donné naissance à des générations d’instruments très moyens, épuisés et épuisants, pâles moyens de substitution pour les paroisses aux petits budgets.

 

Quoiqu’il en soit, certains facteurs ont néanmoins produit des instruments propres au culte, avec une puissance et une authenticité digne des grandes orgues, et avec des jeux capables de soutenir un choeur ou de faire méditer les fidèles pendant les offertoires. Petite catéchèse expresse de l’harmonium comme outil d’alliance ; accrochez-vous.

 

Un instrument qui a de la voix

 

L’harmonium reste un jeteur de ponts, peut-être d’abord parce qu’il s’agit d’un instrument qui a de la voix, ou plutôt des voix. Qu’elles soient humaine ou céleste, voix angélique ou de sous-basse, ses voix concilient les extrêmes avec légèreté, semblant réunir en un même corps des entités de natures bien différentes. Comme lien entre l’humain et le céleste, l’harmonium décline ses couleurs comme l’arc-en-ciel ses camaïeux, comme un rappel d’une alliance maintes fois renouvelée entre Dieu et son peuple, comme un organe de liaison battant ces rythmes humains et divins à l’unisson. Cet organe de liaison, sans doute est-ce le cœur : organe qui, à l’image des entrailles, tressaille à la vibration des anches, tremble, ‘quakes’ devant les infinis aperçus de Dieu qu’elles produisent. Un cœur qui est d’abord une pompe, pompe à cantiques et pompe de l’intime, qui via les choeurs qu’il accompagnera, nous invitera à des plongées indescriptibles dans la mystique. Une mystique aux accents hésychastes, langoureux et vitaux ; une mystique qui résonne et ouvre les portes de l’extase, dans un concert jamais innocent, jamais impertinent, qui fait modestement écho à l’appel divin à la restauration.

 

Instrument du souffle

 

Car des jeux étouffés ou Grand Jeu, c’est bien de ce la qu’il s’agit : d’une réponse modeste de l’homme à l’appel divin tendanciel, de la plus petite parcelle d’immanence au plus grand signe de la Transcendance. Tendance amenant progressivement l’humain vers l’Homme, la note vers l’Accord parfait. Un monde en paix ne serait-il pas, au sens premier du terme, un monde en harmonie ? Par ses soufflets, l’harmonium est naturellement un instrument du souffle ; un corps par lequel passe ce pneuma. Pneuma qui préfigurait le don de la manne au désert, souffle divin qui tira Adam de la poussière et lui offrit la vie. Un pneuma qui renverra à l’âme même des créatures, créatures qui ne seraient rien sans cet Esprit continu, perceptible ou non, témoin discret de l’immortelle présence de Dieu au sein de sa Création. Un esprit, qui au travers des sommiers, nous réveille et nous éveille, à la tête comme au cœur …

 

Conclusion

 

Instrument à l’image de l’homme, l’harmonium prendrait ainsi, discrètement, les visages de Dieu. Basant sa puissance sur le Souffle, il serait néanmoins conscient de la propre faiblesse de ses matériaux et de ses inclinaisons. L’harmonium, comme outil catéchétique (!), nous appelle à devenir ce pourquoi nous avons été faits : des êtres en accord avec nos semblables, des témoins sans arrogance de l’union de deux mondes, en évolution croissance vers l’harmonie.

 

Amen !        

publié par Bob le bricoleur dans: Harmonium
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Commentaires

L'harmonie dont l'être humain rêve tant comme d'un paradis perdu serait-elle sans fausse note ? Que nenni... C'est dans les craquements et les halètements des bois qui transpirent sous les coups de boutoir de l'organiste que se joue la folle aventure de vivre et d'aimer.  C'est dans les jeux subtils et frêles, voire tonitruants, que se faufile la voix de "fin silence" qui laisse jouer nos résonances sans jamais s'imposer, mais sans jamais nous lâcher non plus.  C'est dans les doigts hésitants ou fonceurs que parle la vie en amour qu'est la nôtre, la vie qui ose espérer encore, et encore. Et encore.
Commentaire n° 1 posté par: B. le 01/08/2008 - 11:17:36
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